Le Capriccio espagnol op. 34 de Nikolaï Rimski-Korsakov est divisé en cinq parties, comme je l’ai déjà expliqué dans l’introduction de l’œuvre.
Passons maintenant à leur analyse séparée (voici la vidéo que j’ai choisie).
La première partie, Alborada, en la majeur, avec une indication de tempo Vivo e strepitoso (Vif et grandiose, voir ici la raison pour laquelle en musique on utilise des termes en italien et leur traduction, même si je mets ici des traductions plutôt littérales, surtout pour les tempos trouvés écrits en partition, juste pour vous donner une idée), évoque une ambiance de danse collective, un souffle populaire qui rappelle presque l’ouverture de Carmen de Georges Bizet.
Le thème est alternativement joué par les violons en fortissimo, sur un accompagnement rythmique de toute l’orchestre, puis par la clarinette en piano à 00:27, avec un accompagnement beaucoup plus sobre.
Cette présentation du thème se répète deux fois (violons, clarinette, violons, clarinette).
J’aimerais, ici, attirer votre attention sur la différence d’accompagnement : quand le thème est confié aux violons, l’orchestre est complet, percussions incluses ; quand il passe à la clarinette, l’orchestre se réduit, les percussions disparaissent et les cordes deviennent pizzicato.
Après la quatrième répétition de la clarinette, le violon solo, à 01:10, propose une série d’arpèges mélodieux, suivis d’un roulement de timbales (piano) sur un accord tenu par les cordes, qui nous conduit à la conclusion de ce mouvement.
Les variations suivantes, en tempo ternaire de Andante con moto (À un tempo modéré avec mouvement), commencent à 01:33 avec une belle mélodie lyrique, au parfum national, exposée par les cors sur un accompagnement très épuré des cordes graves.
À 02:17, le thème passe aux cordes.
Puis vient le cor anglais à 03:04, auquel répond le cor, suivi des bois, cors et cordes à 04:18.
Enfin, le thème passe au flûte, à l’oboe et au cor à 05:02, auxquels s’ajoutent peu après les violons.
La flûte seule a pour tâche de conclure ce second mouvement avec une série de gammes chromatiques et un trille final.
Le troisième mouvement, à 06:19, nous ramène à l’Alborada initiale, toujours en Vivo e strepitoso (Vif et grandiose), mais avec une instrumentation et une tonalité différentes (ici en si bémol majeur, un demi-ton au-dessus de la partie initiale).
Les rôles sont inversés : le thème est d’abord présenté par les vents, soutenu par un tutti orchestral, percussions comprises, en forte, puis par le violon solo en piano, soutenu par très peu d’instruments.
Là encore, la double répétition est présente, comme au début.
Les arpèges, d’abord joués par le violon solo, sont présentés à 07:17 par la clarinette (accompagnée ponctuellement par la harpe et le violon solo), puis conduisent au roulement de timbales qui, cette fois, monte progressivement jusqu’au forte de l’accord final.
Le quatrième mouvement, Scène et chant gitan, à 07:37, en tempo Allegretto (Allègrement), est le cœur de l’œuvre et sans doute la partie la plus caractéristique.
Il s’ouvre sur un roulement de tambour seul (forte) qui sert de fond au thème présenté par cors et trompettes.
Le thème est ensuite repris par le violon solo à 08:05, puis par la flûte et la clarinette à 08:46, qui proposent aussi des passages virtuoses avec leurs cadences, puis par l’oboe à 09:24.
Une cadence de la harpe, à 09:35, accompagnée du triangle, mène à un second élément thématique aux violons à 09:50.
À partir de là et jusqu’à la fin du mouvement, les deux thèmes s’alternent dans un crescendo énergique.
À 11:02, les cordes doivent imiter le son de la guitare (Quasi guitara, comme indiqué dans la partition).
Le dernier mouvement, Fandango asturiano, à 12:08, est la continuité directe du mouvement précédent.
Un thème joyeusement dansant proposé par les flûtes s’oppose à une mélodie plus lyrique, en sixtes parallèles, confiée aux violons à 12:20, plus proche d’une valse.
Les deux thèmes sont ensuite repris dans l’ordre inverse.
À 13:07, on note un court passage en solo pour clarinette.
L’œuvre se conclut par une coda qui reprend l’Alborada initiale, en tempo Vivo (Vif), à 14:27, assurant ainsi l’unité cyclique du morceau.
Dans ce cinquième mouvement, parmi les instruments de percussion, on entend également les castagnettes.
Nicolaj Rimskij-Korsakov : Capriccio espagnol op. 34 - Partition
