Richard Strauss - Don Juan op. 20 : Introduction

RichardStraussDon Juan op. 20 est un poème symphonique écrit par Richard Strauss (1864-1949) en 1888-1889, à l'âge de 24 ans : il est dédié au compositeur Ludwig Thuille (1861-1907) et publié en 1890 par J. Aibl de Munich.

Après cette œuvre, qui est l'une des premières pièces symphoniques de Strauss, d'autres pièces de musique à programme suivront (comme Mort et transfiguration et Ainsi parlait Zarathoustra, pour ne citer que quelques exemples).

La première exécution eut lieu au Hoftheater de Weimar le 11 novembre 1889, sous la direction du compositeur lui-même : le succès fut immédiat et Don Juan fut loué par le chef d'orchestre Hans von Bülow et par Cosima Wagner.

Cette musique s'inspire de quelques vers d'un poème, resté inachevé, sur Dom Juan du poète autrichien Nikolaus Lenau (1802-1850) : ces vers on les retrouve annotés sur la partition.

De ce poème, Strauss reprend trois idées :

  • le désir
  • la possession
  • le désespoir (avec l'effondrement d'un rêve sensuel et de l'idéal romantique).

Plus qu'un personnage qui s'oppose à la morale des hommes et de Dieu, le Don Juan de Strauss est plutôt un personnage assoiffé d'idéaux, cherchant insatiablement, parmi les femmes qu'il courtise, celle qui saura lui apporter la pleine réalisation de soi.

L'œuvre, d'une durée d'environ un quart d'heure, est en un seul mouvement.

Cependant, on peut y distinguer trois parties :

  1. la première, joyeuse, décrit le caractère de Don Juan
  2. la partie centrale décrit l'aspect amoureux
  3. la partie finale décrit la mort de Don Juan, avec un long crescendo interrompu par le silence (voir ici la raison pour laquelle en musique on utilise des termes en italien et leur traduction).

Au sein de ces parties, on retrouve des thèmes qui traversent toute l'œuvre et qui se superposent, se confrontent et se fondent ensemble :

  • le thème du désir, qui est à la base de tout le morceau
  • le thème de Don Juan conquérant
  • le thème de la possession
  • l'idéal féminin.

C'est une œuvre d'une grande complexité dans son écriture orchestrale : l'innovation de Strauss réside dans sa manière de traiter l'orchestre lui-même.

En effet, dans Don Juan, des moments où l'orchestre joue en tutti alternent avec des passages de style de musique de chambre, impliquant de petits groupes instrumentaux.

On y trouve un riche contrepoint mélodique et des effets particuliers sont introduits dans les divers instruments pour créer une grande variété de timbres, malgré l'utilisation d'un orchestre traditionnel qui comprend 3 flûtes (dont un piccolo), 2 hautbois, un cor anglais, 2 clarinettes, 2 bassons, un contrebasson, 4 cors, 3 trompettes, 3 trombones, un tuba, des timbales, un triangle, des cymbales, un glockenspiel, 2 harpes, des cordes, soit un grand orchestre d'environ 90 musiciens.

Richard Strauss - Don Juan op. 20 : Partition

Richard Strauss - Don Juan op. 20 : Guide d'écoute

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