
Dans cette quatrième partie nous trouvons le deuxième « fac ».
Le texte mis en musique par Dvořák est le suivant :
| Basse soliste | Fac, ut ardeat cor meum in amando Christum Deum, ut sibi complaceam! |
permets à mon cœur de s'enflammer dans l'amour du Christ Dieu, pour lui plaire ! |
| Chœur | Sancta Mater, istud agas, crucifixi fige plagas cordi meo valide. |
Sainte Mère, fais qu'il en soit ainsi, les plaies du crucifix sont imprimées profondément dans mon cœur. |
On retrouve ici le point central, sur le plan expressif, de tout le Stabat Mater.
Allons l'écouter et commençons à partir de 0:39:00 de notre vidéo.
On remarque immédiatement une différence par rapport aux trois pièces précédentes et à toutes celles qui suivront : ici, la seule fois de tout le Stabat Mater, il n'y a pas d'introduction orchestrale.
Ou plutôt : l'introduction est constituée d'un seul accord orchestral, fort, suivi immédiatement par l'entrée de la basse soliste, également fort, qui articule les mots « Fac, ut ardeat cor meum » avant et « in amando Christum Deum » ensuite, presque comme un cri (encore), comme une question lancinante « que mon cœur brûle dans l’amour du Christ Dieu ».
Dans ce cas c'est le je, l'individu, qui demande que sa vie adhère de plus en plus au Christ… « ut sibi complaceam », pour Lui plaire !
Lorsque la basse prononce ces mots (à 0:40:02), l'atmosphère musicale change (sur la partition il y a écrit dolente, c'est-à-dire triste) et le soliste et l'orchestre jouent piano et pianissimo.
A 0:41:14 les voix féminines du chœur, toujours en pianissimo avec l'accompagnement de l'orgue seul (utilisé uniquement à cette occasion tout au long du Stabat Mater), de manière pratiquement homorythmique, entonnent leur prière à la Madone : « Sancta Mater, istud agas, crucifixi fige plagas ».
Le « Cordi meo valide » suivant est répété trois fois, s'animant légèrement pour revenir au piano qui nous ramène au début de ce morceau, l'accord et la basse solo répétant toute sa phrase (à 0:42:08).
Tout se répète, y compris l'entrée des voix féminines du chœur auxquelles s'ajoutent maintenant les voix masculines (à 0:45:04), avec un passage qui nous emmène au Poco più mosso (à 0:46:24 ), un épisode d'un minute environ, caractérisé par une grande instabilité tant au niveau rythmique qu'harmonique et où la basse a de grands sauts à chanter.
Pourquoi ?
Parce que à mon avis ce n'est pas simple d'aimer le Christ, de Le suivre et … « que cela lui soit doux », pour Lui plaire !
Et donc le parcours pour y arriver est plein d’aspérité !
A 0:47:20, avec le retour de Tempo I, la basse propose à nouveau sa supplication qui se termine pianissimo sur un accord (toujours pianissimo) de tout l'orchestre.
Antonín Dvořák – Stabat Mater: Partition
