Antonín Dvořák – Stabat Mater : Fac, ut ardeat cor meum – Guide à l'écoute

Dans cette quatrième partie nous trouvons le deuxième « fac ».

Le texte mis en musique par Dvořák est le suivant :

Basse soliste Fac, ut ardeat cor meum
in amando Christum Deum,
ut sibi complaceam!
permets à mon cœur de s'enflammer
dans l'amour du Christ Dieu,
pour lui plaire !
Chœur Sancta Mater, istud agas,
crucifixi fige plagas
cordi meo valide.
Sainte Mère, fais qu'il en soit ainsi,
les plaies du crucifix sont imprimées
profondément dans mon cœur.

On retrouve ici le point central, sur le plan expressif, de tout le Stabat Mater.

Allons l'écouter et commençons à partir de 0:39:00 de notre vidéo.

On remarque immédiatement une différence par rapport aux trois pièces précédentes et à toutes celles qui suivront : ici, la seule fois de tout le Stabat Mater, il n'y a pas d'introduction orchestrale.

Ou plutôt : l'introduction est constituée d'un seul accord orchestral, fort, suivi immédiatement par l'entrée de la basse soliste, également fort, qui articule les mots « Fac, ut ardeat cor meum » avant et « in amando Christum Deum » ensuite, presque comme un cri (encore), comme une question lancinante « que mon cœur brûle dans l’amour du Christ Dieu ».

Dans ce cas c'est le je, l'individu, qui demande que sa vie adhère de plus en plus au Christ… « ut sibi complaceam », pour Lui plaire !

Lorsque la basse prononce ces mots (à 0:40:02), l'atmosphère musicale change (sur la partition il y a écrit dolente, c'est-à-dire triste) et le soliste et l'orchestre jouent piano et pianissimo.

A 0:41:14 les voix féminines du chœur, toujours en pianissimo avec l'accompagnement de l'orgue seul (utilisé uniquement à cette occasion tout au long du Stabat Mater), de manière pratiquement homorythmique, entonnent leur prière à la Madone : « Sancta Mater, istud agas, crucifixi fige plagas ».

Le « Cordi meo valide » suivant est répété trois fois, s'animant légèrement pour revenir au piano qui nous ramène au début de ce morceau, l'accord et la basse solo répétant toute sa phrase (à 0:42:08).

Tout se répète, y compris l'entrée des voix féminines du chœur auxquelles s'ajoutent maintenant les voix masculines (à 0:45:04), avec un passage qui nous emmène au Poco più mosso (à 0:46:24 ), un épisode d'un minute environ, caractérisé par une grande instabilité tant au niveau rythmique qu'harmonique et où la basse a de grands sauts à chanter.

Pourquoi ?

Parce que à mon avis ce n'est pas simple d'aimer le Christ, de Le suivre et … « que cela lui soit doux », pour Lui plaire !

Et donc le parcours pour y arriver est plein d’aspérité !

A 0:47:20, avec le retour de Tempo I, la basse propose à nouveau sa supplication qui se termine pianissimo sur un accord (toujours pianissimo) de tout l'orchestre.

Antonín Dvořák – Stabat Mater: Partition

Antonín Dvořák – Stabat Mater: Texte

Antonín Dvořák – Stabat Mater: Vidéo