Felix Mendelssohn-Bartholdy : Meeresstille und gluckliche Fahrt (Mer calme et heureux voyage), op. 27 - Guide d'écoute

L’écoute de Meeresstille und glückliche Fahrt (Mer calme et heureux voyage) permet de suivre une évolution très nette : Mendelssohn part d’une atmosphère presque immobile avant de conduire progressivement l’orchestre vers une musique pleine d’élan et une conclusion éclatante.

Voici la vidéo choisie pour cette guide d’écoute.

Au début de l’Adagio (lent, voir ici la raison pour laquelle en musique on utilise des termes en italien et leur traduction, même si je mets ici des traductions plutôt littérales, surtout pour les tempos trouvés écrits en partition, juste pour vous donner une idée), les violons installent un climat calme et retenu : la musique semble avancer avec difficulté, comme si le mouvement était suspendu.

Cette impression correspond à la situation évoquée par Goethe : un navire se trouve au milieu d’une mer parfaitement calme, sans vent pour lui permettre de poursuivre sa route.

Ce calme n’a pourtant rien de véritablement insouciant : une certaine tension naît précisément de cette absence de mouvement et l’orchestre paraît attendre un changement qui permettrait enfin au voyage de commencer.

À 02:35, l’intervention du basson vient modifier discrètement la couleur sonore, puis, à 03:57, la flûte apporte à son tour une nouvelle nuance : ces interventions annoncent progressivement la transformation de l’atmosphère, jusqu’au changement décisif qui survient à 04:15.

Le Molto allegro vivace (très vif et très animé) fait alors entrer l’œuvre dans une tout autre dynamique. : l’écriture devient beaucoup plus mobile et l’orchestre semble retrouver toute sa capacité de mouvement.

La musique évoque désormais la traversée elle-même, avec un caractère globalement lumineux mais traversé par quelques épisodes plus agités.

Cette partie, construite selon les principes de la forme sonate et présentant certains traits qui rappellent l’héritage de Beethoven, repose notamment sur un thème au caractère chantant : Mendelssohn le réutilise au cours du développement et s’en sert comme l’un des éléments qui assurent la cohérence de cette longue section.

À mesure que la musique progresse, la sensation de déplacement devient de plus en plus évidente : l’orchestre conduit peu à peu l’auditeur vers le dénouement, qui prend une dimension particulièrement brillante dans les dernières minutes.

À 12:06, les trompettes font retentir une fanfare éclatante et c’est le moment qui marque le plus clairement l’aboutissement du voyage : après l’immobilité du début et l’animation de la traversée, la musique atteint enfin son point de résolution.

Mendelssohn ne termine toutefois pas l’œuvre uniquement sur cet éclat des cuivres : dans les trois dernières mesures, il fait brièvement réapparaître la ligne mélodique associée au début de l’ouverture.

Ce retour très court crée un lien entre les premières et les dernières pages de la partition et apporte une dernière touche d’apaisement.

En quelques minutes, Mendelssohn dessine ainsi un véritable parcours musical : le calme initial laisse place au mouvement, le voyage se développe progressivement et la fanfare finale annonce son heureuse conclusion.

Felix Mendelssohn-Bartholdy : Meeresstille und gluckliche Fahrt (Mer calme et heureux voyage), op. 27 - Partition