Wolfgang Amedeus Mozart - Requiem en ré mineur pour solos, chœur et orchestre, KV. 626 : Introduction

Le 5 décembre 1791 Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), à l'âge de 35 ans, meure et c'est une mort qui ne fait aucun bruit : en effet il sera enterré à Vienne dans une fosse commune, avec seize autres cadavres.

Au cours du mois de juillet de ce même 1791, il avait reçu la commande d'un mystérieux client anonyme pour écrire un Requiem.

Et ce 5 décembre il était occupé, donc, à écrire le Requiem en ré mineur pour solos, chœur et orchestre, KV. 626, œuvre qu'il laissa inachevée.

Mozart, en ce même 1791, écrivait La Flûte enchantée (œuvre qu'il termina avant de commencer le Requiem), lorsqu'un type inconnu du compositeur lui rendit visite et lui demanda de composer un Requiem pour son professeur qui voulait rester anonyme.

Eh bien : ce maître qui voulait garder l'anonymat était un jeune comte de 28 ans, Franz von Walsegg zu Stuppach, qui voulait se faire passer pour le compositeur des œuvres qu'il faisait joués lors des concerts privés qu'il organisait chez lui, mais des œuvres réellement composé par d'autres.

Dans ce cas spécifique, M. von Walsegg voulait un Requiem (que, bien évidemment, il aurait fait passer pour le sien) pour honorer sa femme décédée quelques mois plus tôt, le 14 février.

Ce n'est donc pas le vieux rival Antonio Salieri (1750-1825, comme Forman le met en scène dans son film, film que j'aime beaucoup 🙂 ), qui a secrètement demandé l'opéra à Mozart pour se l'approprier, annonçant ainsi au compositeur sa mort.

La vérité du film, cependant, est que Mozart était déjà malade (il était convaincu qu'il été empoisonné avec de l'Acqua Tofana, un poison très lent).

Malgré cela et malgré le fait qu'il avait aussi d'autres partitions à terminer, il accepta la commission tout simplement parce qu'il avait besoin d'argent : Mozart avait beaucoup de dettes et le comte avait promis une belle somme.

À la mort du compositeur, qui avait eu le temps d'écrire les deux premières parties du Requiem et esquissé les parties suivantes, Constance, sa femme, avait entre les mains une avance de plusieurs ducats déjà payés par le client et une œuvre à peine esquissée.

Alors ... c'était absolument impensable rembourser l'acompte, compte tenu des dettes laissées par son mari mais ... où trouver un musicien capable de finir l'œuvre ?

Mozart avait terminé l'Introitus et le Kyrie, laissé de nombreuses esquisses pour les cinq numéros suivants de la Sequentia (de Dies Irae à Confutatis), en particulier les voix et quelques indications sur l'instrumentation et la dernière partie de la Sequentia, le Lacrimosa, avait les huit premières mesures entièrement écrites.

Il y avait aussi des esquisses pour l'Offertorium, tandis que le Sanctus, le Benedictus, l'Agnus Dei et le Communio devaient être entièrement écrits !

Constance s'adressa d'abord à Joseph Leopold Eybler, compositeur et ami de Mozart, qui accepta et termina le Lacrimosa, mais qui renonça d'achever l'œuvre.

Constance demanda alors à Franz Xaver Süssmayr, l'un des élèves (et assistant) de son mari, qui, grâce aux esquisses laissés par Mozart, termina l'œuvre en réussissant à créer quelque chose d'unitaire.

Donc, le Requiem terminé fut remis au comte Walsegg qui le fit exécuter officiellement pour la première fois le 14 décembre 1793, sous sa direction.

Officiellement parce que Constance, en effet, avait conservé une copie de l'œuvre finie, et l'avait fait éxécuter à son profit le 2 janvier 1793 à Vienne.

Quand le comte l'apprit et surtout quand, quelques années plus tard, il apprit que le Requiem allait être publié, il essaya de demander un important remboursement pour l'escroquerie dont il avait été victime.

Je ne connais pas la fin de cette histoire (je n'ai rien trouvé à ce sujet) alors ... je passe à m'occuper de l’œuvre 🙂

Wolfgang Amedeus Mozart - Requiem en ré mineur pour solos, chœur et orchestre, KV. 626 : Partition

Wolfgang Amedeus Mozart - Requiem en ré mineur pour solos, chœur et orchestre, KV. 626 : Texte avec traduction en français

Wolfgang Amedeus Mozart - Requiem en ré mineur pour solos, chœur et orchestre, KV. 626 : Guide à l'écoute

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