Antonín Dvořák – Stabat Mater : Fac me vere tecum flere – Guide à l'écoute

Dans la sixième partie, Fac me vere tecum flere, on retrouve le ténor solo et uniquement les voix masculines du chœur.

Le texte mis en musique par Dvořák ici est le suivant :

Fac me vere tecum flere,
Crucifixo condolere
donec ego vixero.
Laisse-moi pleurer avec toi
qui partage la douleur du crucifix
tant que je suis en vie.
Juxta crucem tecum stare,
te libenter sociare
in planctu desidero.
Debout avec toi au pied de la croix
avec toi associer volontiers
en larmes, voilà ce que je désire.

Nous sommes à 0:55:11 de notre vidéo et tout de suite, dans l'introduction orchestrale, quelque chose nous rappelle l'univers classique de style bachien.

Le Ténor, seul, demande à la Vierge de lui permettre de pleurer avec elle avec une mélodie très linéaire, simple sur un accompagnement orchestral quasi ... inexistant, qu'il est réduit à quelques accords qui servent plus de support que de comme un véritable accompagnement.

Alors (à 0:56:51) le chœur entre pianissimo et répète, exactement tel quel, de manière absolument homorythmique (comme dans un choral de Bach, en fait), ce que le ténor avait chanté juste avant.

Comme j'ai dit ailleurs, la prière d'un, quand elle est vraie, devient la prière de tous.

La seule différence entre les deux propositions est que dans ce cas les violons II ont une ligne mélodique qui accompagne tout le chant du chœur.

À 0:57:23 encore une re-proposition du texte, varié sur le plan mélodique, d'abord par le Ténor seul puis, exactement tel quel, par l'ensemble du chœur.

A 0:58:30 la première mélodie est à nouveau présentée mais là, par rapport à ce qui s'est passé quelques minutes plus tôt, l'accompagnement est beaucoup plus riche même si toujours en ... arrière-plan par rapport aux voix.

Avec le Poco più mosso soudan (on est à 0:59:34) le ton change : le « Juxta crucem tecum stare, te libenter sociare in planctu desidero » le soliste et le chœur le disent en alternance jusqu'à la dernière partie de la strophe (« in planctu desidero »), quand le soliste et le chœur chantent ensemble avec une ligne mélodique qui contraste avec la première.

L'harmonie aussi devient assez instable, comme pour souligner le vertige (oserais-je dire) qui peut prendre quand on demande de « se tenir avec toi au pied de la croix, avec toi m'associer volontiers, dans les larmes je désire ».

Mais à 1:00:21, après un diminuendo, l’atmosphère initial revient.

Cependant, certaines choses changent par rapport à la première partie :

  • maintenant le chœur contraste avec le soliste chantant fort et accentuant chaque note, sur un ton presque martial
  • la troisième répétition (à 1:01:50) est effectuée par le soliste et le chœur ensemble.

La pièce se conclut par les paroles « in planctu desidero » et l'orchestre reprenne, de fortissimo à pianissimo, le fragment mélodique-rythmique utilisé juste avant par les voix.

Antonín Dvořák – Stabat Mater: Partition

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