Antonín Dvořák – Stabat Mater : Virgo virgininum praeclara – Guide à l'écoute

La pièce suivante, Virgo virginum praeclara, est à nouveau confiée au chœur, c'est-à-dire au peuple qui prit sa Mère, selon la dévotion populaire.

Voici le texte utilisé par Dvořák :

Virgo virginum praeclara,
mihi jam non sis amara,
fac me tecum plangere.
O noble vierge parmi les vierges
envers moi ne sois plus dur,
laisse-moi pleurer avec vous.

Ici, pour la première fois dans ce Stabat Mater, Dvořák utilise souvent le chœur a cappella et les voix de soprano se voient confier une certaine audace mélodique (appelons-la ainsi), tandis que les autres voix ont plus un caractère d'accompagnement, même si, évidemment, ce n'est pas toujours le cas et cet accompagnement n'est pas … stérile.

L'ensemble est très doux, très émouvant, même s'il y a quelques points dramatiques, notamment liés aux mots « amara » et « fac me tecum plangere ».

La partie s'ouvre (à 1:03:48) par une courte introduction orchestrale et aussitôt le chœur à quatre voix, de manière homorythmique, en pianissimo, s'adresse à Marie, « Vierge resplendissante entre les vierges ».

Après un léger crescendo sur le mot « amara » qui culmine en mezzoforte, « fac me tecum plangere » est presque chuchoté très doucement.

Encore l'orchestre et encore le chœur qui, initialement, répète le même épisode précédent mais avec quelques variations harmoniques jusqu'à ce que, cette fois, le mot « amara » soit chanté fort à 1:04:28.

Le « fac me tecum plangere » suivant est répété quatre fois, les deux premières fois uniquement par le chœur a cappella tandis que dans les deux autres l'orchestre est également ajouté.

Il est intéressant de voir ici que cette phrase est répétée d'abord fort, puis piano, puis de nouveau fort pour finir de nouveau doucement ; encore : dans le piano la texture vocale est dans le registre médian, alors qu'au forte, les sopranos et les basses (en particulier) chantent dans le registre aigu, à tel point que le premier « fac » est presque un cri (comme on en a vu d'autres jusqu'ici, toujours associés à ce même mot).

A 1:05:27 il y a une reprise inchangée du début où quelques fioritures commencent à apparaître dans les voix, sur le mot « praeclara » (exactement à partir de 1:06:16), tandis qu'à 1:07:12 d'abord les sopranos puis les ténors (et vice-versa immédiatement après) utilisent un arpège descendant pour dire « fac me tecum ».

Le morceau se termine à 1:09:03 molto tranquillo (très tranquillement), comme il est écrit sur la partition, avec un choral pianissimo à quatre voix sur les mots « fac me tecum plangere ».

Antonín Dvořák – Stabat Mater: Partition

Antonín Dvořák – Stabat Mater: Texte

Antonín Dvořák – Stabat Mater: Vidéo