
Cette neuvième pièce, Inflammatus et accensus, est la seule pièce de tout le Stabat Mater à être confiée à une seule voix, le contralto soliste.
Voici le texte :
| Inflammatus et accensus, per te, Virgo, sim defensus in die iudicii. |
Des flammes et du feu, par toi, Vierge, que e sois défendu le jour du jugement. |
| Fac me cruce custodiri morte Christi praemuniri, confoveri gratia. |
Laisse-moi être gardé par la croix, défendu par la mort du Christ, réconforté par la grâce. |
Nous voici en présence d'une aria de style baroque (sur le plan formel), dont l'introduction orchestrale, vigoureuse et marquée, nous amène immédiatement au point de la question : « per te, Virgo, sim defensus », « Par toi, Vierge! que je sois préservé au jour du Jugement », défendu(e) grâce à toi.
C'est donc une demande et une invocation que seul l'Alto (donc moi, toi, chacun de nous) adresse à Marie pour sa propre défense.
Nous sommes à 1:15:58 de notre vidéo.
Au début il y a tout de suite le contraste entre l'orchestre, fort et marqué, et l'entrée piano, intensément expressive, du contralto qui a une ligne mélodique assez articulée, surtout sur le mot « die ».
La deuxième entrée de l'Alto (à 1:17:31), précédée d'un changement d'atmosphère également de l'orchestre, bien qu'utilisant les mêmes paroles, a néanmoins un ton beaucoup plus confidentiel, si l'on veut, beaucoup plus intimiste : la vigueur du début fait ici place à une prière sincère à sa Mère et aussi l'orchestre se réduit à un simple accompagnement de soutien, presque spectateur de cette prière.
Prière qui s'intensifie et prend des tonalités plus dramatiques lorsque les paroles « Fac me cruce custodiri, morte Christi » sont chantées, à 1:18:45 : ici aussi Dvořák introduit une partie vocale assez audacieuse.
En effet, à trois reprises, il fait chanter à haute voix à l'Alto un saut de 7ème diminuée descendante, saut très difficile à chanter, et qui traduit parfaitement l'esprit du texte.
Mais tout de suite, sur les mots « praemuniri, confoveri gratia » le ton affectueux revient et l'orchestre reprend également son accompagnement de soutien piano et diminuendo jusqu'au pianissimo avec trois "p".
A 1:19:37 l'aria reprend depuis le début mais maintenant le texte chanté est celui de la deuxième strophe, avec un accent particulier sur les mots « confoveri gratia » (1:20:51), où cette grâce peut presque déjà être touché, tellement ce passage est si doux.
Mais aussitôt après, il reprend des forces avec, encore une fois, les mots « Fac me cruce custodiri » (1:21:40) ; cependant les « confoveri gratia » reprennent encore le dessus avec une longue vocalise descendante sur le mot « gratia » qui nous amène (du forte au piano) à la conclusion du morceau.
Antonín Dvořák – Stabat Mater: Partition
