Antonín Dvořák – Stabat Mater : Inflammatus et accensus – Guide à l'écoute

Cette neuvième pièce, Inflammatus et accensus, est la seule pièce de tout le Stabat Mater à être confiée à une seule voix, le contralto soliste.

Voici le texte :

Inflammatus et accensus,
per te, Virgo, sim defensus
in die iudicii.
Des flammes et du feu,
par toi, Vierge, que e sois défendu
le jour du jugement.
Fac me cruce custodiri
morte Christi praemuniri,
confoveri gratia.
Laisse-moi être gardé par la croix,
défendu par la mort du Christ,
réconforté par la grâce.

Nous voici en présence d'une aria de style baroque (sur le plan formel), dont l'introduction orchestrale, vigoureuse et marquée, nous amène immédiatement au point de la question : « per te, Virgo, sim defensus », « Par toi, Vierge! que je sois préservé au jour du Jugement », défendu(e) grâce à toi.

C'est donc une demande et une invocation que seul l'Alto (donc moi, toi, chacun de nous) adresse à Marie pour sa propre défense.

Nous sommes à 1:15:58 de notre vidéo.

Au début il y a tout de suite le contraste entre l'orchestre, fort et marqué, et l'entrée piano, intensément expressive, du contralto qui a une ligne mélodique assez articulée, surtout sur le mot « die ».

La deuxième entrée de l'Alto (à 1:17:31), précédée d'un changement d'atmosphère également de l'orchestre, bien qu'utilisant les mêmes paroles, a néanmoins un ton beaucoup plus confidentiel, si l'on veut, beaucoup plus intimiste : la vigueur du début fait ici place à une prière sincère à sa Mère et aussi l'orchestre se réduit à un simple accompagnement de soutien, presque spectateur de cette prière.

Prière qui s'intensifie et prend des tonalités plus dramatiques lorsque les paroles « Fac me cruce custodiri, morte Christi » sont chantées, à 1:18:45 : ici aussi Dvořák introduit une partie vocale assez audacieuse.

En effet, à trois reprises, il fait chanter à haute voix à l'Alto un saut de 7ème diminuée descendante, saut très difficile à chanter, et qui traduit parfaitement l'esprit du texte.

Mais tout de suite, sur les mots « praemuniri, confoveri gratia » le ton affectueux revient et l'orchestre reprend également son accompagnement de soutien piano et diminuendo jusqu'au pianissimo avec trois "p".

A 1:19:37 l'aria reprend depuis le début mais maintenant le texte chanté est celui de la deuxième strophe, avec un accent particulier sur les mots « confoveri gratia » (1:20:51), où cette grâce peut presque déjà être touché, tellement ce passage est si doux.

Mais aussitôt après, il reprend des forces avec, encore une fois, les mots « Fac me cruce custodiri » (1:21:40) ; cependant les « confoveri gratia » reprennent encore le dessus avec une longue vocalise descendante sur le mot « gratia » qui nous amène (du forte au piano) à la conclusion du morceau.

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