Wolfgang Amedeus Mozart - Requiem en ré mineur pour solos, chœur et orchestre, KV. 626 : Offertorium - Guide à l'écoute

L'Offertoire est divisé en deux parties qui se terminent toutes deux par la fugue sur les mots Quam olim Abrahae :

  1. il Domine Jesu Christe a un caractère plutôt motétistique
  2. l'Hostias a une écriture chorale homophonique qui rend plus serein le début de ce mouvement, où la prière et le désir de salut prennent le dessus.

Domine Jesu

Domine Jesu Christe, Rex gloriae, libera animas omnium fidelium defunctorum de poenis inferni, et de profundo lacu. Seigneur Jésus-Christ, Roi de gloire, délivre les âmes de tous les fidèles défunts des peines de l’enfer et de l’abîme sans fond.
Libera eas de ore leonis, ne absorbeat eas tartarus, ne cadant in obscurum. Délivre-les de la gueule du lion, afin qu’ils ne soient pas engloutis par l’abîme et qu’ils ne sombrent pas dans les ténèbres.
Sed signifer sanctus Michael repraesentet eas in lucem sanctam quam olim Abrahae promisisti et semini ejus. Que saint Michel, le porte-étendard, les introduise dans la sainte lumière que tu as jadis promise à Abraham et à sa postérité.

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La première partie, Domine Jesu, débute par un thème homophonique chanté doucement par le chœur, avec une progression ascendante chez les sopranos.

Ce thème variera ensuite et les solistes l'utilisent de manière canonique.

Parmi ces passages thématiques, on trouve des phrases chantées fort, souvent à l'unisson et en rythme pointé (encore lui), comme dans le Rex gloriae initial.

L'imploration ultérieure du chœur, libera eas de ore leonis, nous ramène un peu au climat de terreur précédemment ressenti dans les différentes parties de la Sequentia (à 39:52 de la vidéo).

Ces différentes situations musicales feront l'objet de variations dans le fugato du chœur, sur les mots ne absorbeat eas Tartarus, ne cadant in obscurum, où les voix procèdent à intervalles larges et avec une tendance sautillante (la descente en enfer ? Peut-être !) à 40:08 de la vidéo.

Le mouvement se termine par la fugue du Quam olim Abrahae, fugue qui laisse toutefois place à l'imposant mouvement homophonique qui nous emmène à la fin.

Hostias

Hostias et preces tibi Domine laudis offerimus. Nous t’offrons, Seigneur, le sacrifice et les prières de notre louange.
Tu suscipe pro animabus illis, quarum hodie memoriam facimus.
Fac eas, Domine, de morte transire ad vitam.
Accepte-les pour ces âmes dont nous faisons mémoire aujourd’hui.
Seigneur, fais-les passer de la mort à la vie.
Quam olim Abrahae promisisti et semini ejus. Ainsi que jadis tu l’as promis à Abraham et à sa postérité.

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Dans l'Hostias suivant, le chœur chante deux fois la première phrase :

  1. d'abord délicatement accompagné par les cordes et les bois, débute par un mouvement fluide (à 42:42 de la vidéo)
  2. en suite avec des exclamations isolées des voix qui alternent forte et piano, sur une activité harmonique intense (à 43:36 de la vidéo).

Mais cela ne s'arrête pas là : en effet une surprenante mélodie chromatique, sur le texte Fac eas, Domine, de morte transire ad vitam, nous amène à celle qui doit être clairement la fin de l'Offertoire.

Mais, étonnamment, la fugue de Quam olim Abrahae est reprise depuis le début, selon ce que Mozart lui-même a écrit.

On ignore la raison de ce choix de Mozart.

Peut-être, en lisant le texte, le compositeur a-t-il voulu réaffirmer ici la certitude de la promesse faite par le Seigneur à Abraham.

Wolfgang Amedeus Mozart - Requiem en ré mineur pour solos, chœur et orchestre, KV. 626 : Partition

Wolfgang Amedeus Mozart - Requiem en ré mineur pour solos, chœur et orchestre, KV. 626 : Texte avec traduction en français

Wolfgang Amedeus Mozart - Requiem en ré mineur pour solos, chœur et orchestre, KV. 626 : Vidéo