Antonio Vivaldi - Les Quatre Saisons : Concerto op. 8 "L'Été" en sol mineur RV 315 : Allegro non molto, Allegro – Guide à l'écoute

Vivaldi_Le-Quattro-Stagioni_Estate_Allegro-non-molto-AllegroDans le premier mouvement du Concerto en sol mineur pour violon, cordes et clavecin L'estate, op. 8 non. 2, RV 315 d'Antonio Vivaldi, Allegro non tanto - Allegro, Vivaldi décrit la chaleur estivale et l'épuisement qu'elle entraîne (Homme et troupeaux se languissent, dit le texte), le chant des oiseaux mais aussi la tempête qui approche et qui fait pleurer le berger, qu' "il craint l'orage furieux".

Voici le texte du Sonnet utilisé pour cette première partie (la traduction française est tirée d'ici) :

Sous la dure saison écrasée de soleil,
Homme et troupeaux se languissent, et s'embrase le pin.
Le coucou se fait entendre, et bientôt d'une seule voix
Chantent la tourterelle et le chardonneret.

Zéphyr souffle doucement, mais, tout à coup,
Borée s'agite et cherche querelle à son voisin.
Le pâtre s'afflige, car il craint
L'orage furieux, et son destin.

Allons écouter ensemble (nous sommes à exactement 10:57 de la vidéo que j'ai choisi pour réaliser ce guide d'écoute).

Les accords initiaux du Tutti, en pianissimo, décrivent très bien la canicule et la fatigue du berger et des mouton : tout va de haut en bas ; les deux seules fois où les violons tendent d'aller vers le haut sont immédiatement submergés par le mouvement descendant.

En plus, les gammes descendantes entendues à 11:31 sont lentes, lourdes et pleines de ... bizarreries au niveau harmonique (ici Vivaldi utilise la gamme harmonique mineure qui présente un saut particulier de seconde augmentée).

Il est intéressant de noter, aussi, les nombreuses pauses de silence entre les différents éléments mélodico-rythmiques : il fait chaud, très chaud, il faut donc s'arrêter pour reprendre son souffle et sécher la sueur.

Mais voilà, à 12:23, le chant des différents oiseaux proposé par le violon solo (qui comporte des passages très virtuoses) accompagné de la basse continue uniquement : on entend le coucou, la tourterelle (après un bref retour de fatigue et épuisement initial), à 13:23, et enfin le chardonneret, à 13:50, avec le trille caractéristique.

Après ce moment de légèreté, à 14:02, piano et pianissimo, arrivent les vents de la tempête (déjà évoqués très fugacement - juste une mesure - juste avant le chant du chardonneret), d'abord comme une légère brise ("Zéphyr souffle doucement" dit le texte à cet endroit) qui, avec un forte soudain à 14:18, explose avec tout son bruit.

Après une brève reprise des accords initiaux pianissimo (à 14:46), le violon solo (à 15:02, ici aussi accompagné uniquement de la basse continue) essaye maintenant à décrire le cri plaintif du berger, surpris et effrayé par l'orage imminent, qui revient, avec ses violentes rafales de vent, à 16:24, pour conclure le mouvement.

Antonio Vivaldi - Les Quatres Saisons : Concerto n. 2 en sol mineur, op. 8, RV 315, L'Été – Partition

Antonio Vivaldi - Les Quatres Saisons : Concerto n. 2 en sol mineur, op. 8, RV 315, L'Été - Vidéo