Au début du troisième mouvement du Concerto en sol mineur pour violon, cordes et clavecin L'estate, op. 8 non. 2, RV 315 d'Antonio Vivaldi, Presto, l'auteur veut un "Tempo impetuoso d'estate" ("Temps orageux d'été"), écrit dans la partition, donc… tout un programme.
C'est à mon avis l'un des plus beaux mouvements de tout l'opus.
Le texte du sonnet utilisé dans ce mouvement est le suivant (la traduction française est tirée d'ici):
Ah, ses craintes n'étaient que trop vraies,
Le ciel tonne et fulmine et la grêle
Coupe les têtes des épis et des tiges.
Voici donc la vraie tempête annoncée dans les mouvements précédents et Vivaldi s'amuse à décrire les différents éléments de l'orage : on a alors l'éclair représenté par des échelles descendantes et le vent impétueux par des progressions harmoniques.
On retrouve aussi les notes répétées déjà présentes dans Le Printemps.
Il est intéressant de noter ici que Vivaldi n'introduit pas de nouveaux thèmes et motifs mélodiques, mais reprend le matériel précédent, à partir du motif initial du mouvement qui, en effet, dérive de celui qui conclut l'Adagio précédent (dont on pourrait presque dire qu'il s'agit d'une conséquence directe de celle-ci).
Nous sommes exactement à 19:19 de notre vidéo.
Ce premier motif est interrompu deux fois par autant de silences.
La troisième fois on s'attendrait à une nouvelle reprise de cet élément thématique, mais voilà que la tempête a atteint son paroxysme : nous sommes à 19h33.
Le violon soliste (ou, plutôt, le violoniste), qui jouait jusqu'à présent avec tout l'orchestre, à partir de 20:10 est désormais seul et il est mis à l'épreuve avec des virtuosités de toutes sortes.
Et les différentes alternances entre soliste et tutti nous amènent à la fin de ce mouvement et de ce concert.
Antonio Vivaldi - Les Quatres Saisons : Concerto n. 2 en sol mineur, op. 8, RV 315, L'Été - Vidéo
