Felix Mendelssohn-Bartholdy : Das Märchen von der schönen Melusine (La Belle Mélusine), op. 32 – Guide d'écoute

Mendelssohn_Das-Marchen-von-der-schonen-MelusineParmi les nombreuses ouvertures composées par Felix Mendelssohn-Bartholdy, Das Märchen von der schönen Melusine (La Belle Mélusine), op. 32, occupe une place particulière : cette partition séduit autant par la finesse de son orchestration que par sa capacité à évoquer un univers légendaire où la nature et le merveilleux se confondent.

Voici la vidéo choisie.

Dès les premières mesures, Mendelssohn nous plonge dans un univers empreint de mystère : les clarinettes, jouant pianissimo dans un Allegro con moto (vif et animé, voir ici la raison pour laquelle en musique on utilise des termes en italien et leur traduction, même si je mets ici des traductions plutôt littérales, surtout pour les tempos trouvés écrits en partition, juste pour vous donner une idée), dessinent une ligne légère et fluide qui évoque immédiatement l'élément aquatique.

L'indication leggiero (avec légèreté) inscrite sur la partition traduit parfaitement cette impression de mouvement continu et de délicatesse.

Très vite, un premier thème se déploie en fa majeur : sa mélodie souple et sinueuse semble illustrer la figure de Mélusine, dont la présence domine toute la première partie de l'ouverture.

L'orchestration, particulièrement transparente, renforce cette atmosphère féerique et invite l'auditeur à entrer dans le monde de la légende.

Le contraste apparaît à 01:31 avec l'arrivée d'un second thème en fa mineur : plus affirmé, presque martial par son rythme et son caractère, il est généralement associé au chevalier Lusignan.

À partir de ce moment, Mendelssohn fait dialoguer ces deux idées musicales sans jamais les fusionner totalement et chacune conserve sa propre identité, comme les deux personnages de la légende.

L'intérêt de cette ouverture réside justement dans cette opposition permanente: les passages paisibles, dominés par les mouvements ondoyants des cordes et des bois, alternent avec des épisodes plus animés où la tension dramatique prend le dessus et cette alternance donne à la partition un équilibre remarquable entre poésie et intensité.

À l'écoute, certains auditeurs reconnaîtront des sonorités qui annoncent le prélude de L'Or du Rhin de Richard Wagner; d'autres pourront être sensibles à des couleurs orchestrales qui rappellent parfois Shéhérazade de Nikolaï Rimski-Korsakov, même si chaque œuvre conserve naturellement sa propre personnalité.

Le thème de Mélusine revient ensuite à 04:09, toujours avec cette élégance fluide qui le caractérise.

Quelques instants plus tard, à 05:33, le motif de Lusignan reprend la parole avant de laisser progressivement la tension s'apaiser.

Enfin, à partir de 09:24, les clarinettes réintroduisent le matériau entendu au début de l'ouverture: cette dernière section referme le récit dans une atmosphère sereine, comme si le monde des eaux retrouvait son calme après les événements qui viennent de se dérouler.

Felix Mendelssohn-Bartholdy : Das Märchen von der schönen Melusine (La Belle Mélusine), op. 32 – Partition