La Rhapsody in Blue de George Gershwin s’ouvre avec l’un des gestes les plus emblématiques de la musique du XXᵉ siècle : le trille de la clarinette qui se transforme en un long glissando ascendant.
C’est ainsi que l’instrument nous présente le thème principal (Molto moderato, Très modéré ; voir ici la raison pour laquelle en musique on utilise des termes en italien et leur traduction, même si je mets ici des traductions plutôt littérales, surtout pour les tempos trouvés écrits en partition, juste pour vous donner une idée), comme vous pouvez l’entendre dans la vidéo qui accompagne ce guide.
À 00:48, les basses esquissent brièvement le deuxième thème, mais à 00:59 la clarinette revient avec son célèbre glissando avant de laisser la trompette avec sourdine reprendre le motif principal.
À 01:13, le piano entre en scène : d’abord en dialogue avec l’orchestre pour réexposer le thème, puis dans une longue cadence solistique où le matériau initial est réélaboré de manière virtuose, accompagné de quelques interventions orchestrales discrètes.
À 03:57 (Tempo giusto, tempo juste ou tempo régulier et modéré), l’orchestre au complet reprend le thème dans une atmosphère véritablement imposante.
Suivent plusieurs épisodes constitués de courts éléments mélodico-rythmiques :
- 04:12 : alternance entre cordes et piano ;
- 04:30 et 04:42 : interventions des vents ;
- 04:54 : retour du deuxième thème, d’abord timidement à la clarinette, puis, à 05:10 (Tempo giusto), à tout l’orchestre.
À 05:54, un Con moto (avec mouvement) commence, précédé de quatre accords fortissimo de l’orchestre : le piano entame une nouvelle cadence virtuose, parfois soutenu par le cor avec des lignes longues et lyriques.
La vidéo utilisée dans ce guide omet la partie correspondant aux pages 14 à 16 de la partition : l’exécution reprend à la fin de l’avant-dernier système de la page 17.
Cet épisode solistique développe plusieurs des thèmes et fragments entendus jusque-là (et dans la vidéo, la section allant du milieu de la page 21 au second système de la page 24 est également omise).
À 08:46, le piano introduit un nouveau thème, sans doute le véritable thème blues de la Rhapsody : une mélodie chantante qui crée une atmosphère typiquement blues, puis devient matière à de nouveaux passages virtuoses, avec ralentissements et accélérations, avant de s’éteindre sur un accord arpégé en pianissimo.
À 10:38, changement de tempo et d’ambiance : l’Andantino moderato con espressione (Andantino modéré, avec expression) apporte un thème paisible, repris ensuite par le piano avant de conduire, à 12:46, à la coda finale, tourbillonnante.
À 13:53, un Leggiero, assai staccato (Légèrement, très détaché), avec des notes répétées fortes puis piano, introduit la section Agitato e misterioso (Agité et mystérieux), marquée par un rythme pressant et syncopé.
En contraste, à 14:31, apparaît un bref Sognando (Rêveur), où l’un des thèmes précédents refait surface.
À 14:54, les notes répétées du piano dialoguent avec un nouveau thème confié à l’orchestre (Allegro agitato e misterioso, Allègre, agité et mystérieux).
À 15:26, une nouvelle variation du matériau prépare l’arrivée, à 15:52, du Grandioso (Grandiose), où le deuxième thème puis, à 16:36 (Molto allargando, Très en élargissant), le thème initial reviennent dans une atmosphère triomphante.
Je vous souhaite une très belle écoute de ce chef-d’œuvre intemporel.
George Gershwin – Rhapsody in Blue : partition pour deux pianos
