Gioacchino Rossini : Guillaume Tell (Ouverture) – Guide d'écoute

Rossini_Guillaume-TellL’Ouverture du Guillaume Tell de Gioachino Rossini est une petite merveille, divisée en quatre parties bien distinctes, écrite comme un véritable poème symphonique.

Chaque moment raconte une histoire, presque comme un film pour ... oreilles attentives 🙂

Pour ce guide d’écoute, j’ai choisi cette vidéo.

La première partie est un Andante (modéré, calme, voir ici la raison pour laquelle en musique on utilise des termes en italien et leur traduction, même si je mets ici des traductions plutôt littérales, surtout pour les tempos trouvés écrits en partition, juste pour vous donner une idée) en 3/4, en tonalité de mi mineur.

Ici domine la mélodie des violoncelles, divisés en cinq solistes, ponctués par les contrebasses et les timbales.

L’effet est immédiat : on se sent transporté dans une vallée alpine, au petit matin, avec l’air frais des montagnes et la lumière douce qui éclaire les prairies ; on pourrait presque entendre le vent léger dans les pins et les clochettes des troupeaux au loin.

La deuxième partie (à 03:06) est un Allegro (rapide, joyeux) en 4/4, en mi mineur.

Cette section décrit un orage qui approche : on entend d’abord des violons et altos en pianissimo, puis les bois qui font trois notes rapides, comme les premières gouttes de pluie, et les trémolos des cordes aiguës qui imitent les rafales de vent.

Ce petit motif se répète trois fois, avant que Rossini n’ajoute un crescendo dramatique avec les timbales, laissant sentir toute la puissance de l’orage.

À 03:57, l’orchestre entier explose en fortissimo : on est au cœur de la tempête, ressentant le fracas de la pluie et du tonnerre.

Après le chaos, à 04:42 un lent decrescendo ramène progressivement le calme et à 04:58 les bois reprennent les trois notes initiales, comme un retour au silence avant la tempête.

La flûte introduit alors un fragment qui mènera au cor anglais, préparant la troisième partie, à 05:33, un Andante en 3/8.

Le cor anglais chante le célèbre ranz des vaches, thème pastoral des bergers des Alpes, symbolisant la paix retrouvée après la tempête.

Sur un accompagnement de pizzicati et d’accords soutenus des bois et des cors, le cor anglais alterne avec la flûte, créant une mélodie riche en arabesques.

À 06:28, les deux instruments se superposent, et la flûte joue des notes rapides et détachées, comme des oiseaux qui reviennent chanter après l’orage ; le triangle, à peine audible, évoque les clochettes des troupeaux dans la montagne, ajoutant une touche charmante et réaliste.

La quatrième partie, à 07:55, est un Allegro vivace (très vif) en 2/4 et en mi majeur.

La trompette interrompt soudain la tranquillité, annonçant l’arrivée des Suisses pour leur lutte contre les envahisseurs autrichiens.

Cette section, pleine d’énergie et de lumière, est une marche brillante qui culmine avec la fameuse cavalcade à 08:09 : un alterné de pianissimo et fortissimo qui fait ... battre le cœur à toute vitesse.

Même après un moment de calme (à 09:04), les violons frémissent et préparant la reprise de la cavalcade à 09:37.

Enfin, avec un stringendo à 10:09, le tempo s’accélère : la victoire des Suisses est célébrée par un orchestre en joie éclatante, concluant cette ouverture mythique de Rossini.

Gioacchino Rossini : Guillaume Tell (Ouverture) - Partition