Gioacchino Rossini : Guillaume Tell (Ouverture) - Introduction

GioacchinoRossiniGuillaume Tell, le dernier opéra de Gioacchino Rossini (1792–1868), sur un livret d’Étienne de Jouy et Hippolyte Bis, s’inspire de la tragédie éponyme (Wilhelm Tell) de Friedrich Schiller (1804).

Il s’agit du trente-septième opéra du compositeur et il fut créé au Théâtre de l’Opéra de Paris (Salle Le Peletier) le 3 août 1829, sous la direction du célèbre Habeneck, avec un trio de solistes prestigieux : Nourrit, Dabadie et la Cinti-Damoreau.

En seulement quatre ans, Guillaume Tell atteignit les 100 représentations et devint le chant du cygne de Rossini : son ultime chef-d’œuvre lyrique.

Cet opéra est considéré comme le premier grand-opéra de l’histoire, avec ses chorégraphies, ses moments de danse et ses scènes spectaculaires.

Rossini y travailla cinq mois, un temps considérable, pour adapter l’histoire de l’héroïque patriote suisse luttant contre l’oppression des Habsbourg.

L’intrigue se déroule au XVIIIe siècle : Guillaume Tell rassemble les Suisses pour les conduire vers la liberté, tandis que l’histoire raconte aussi l’amour du patriote Arnold pour l’Austroise Mathilde, ajoutant une dimension romantique au récit héroïque.

L’œuvre originale comprend quatre actes, d’une durée totale de plus de cinq heures, ce qui explique qu’elle soit rarement jouée en entier : la dernière représentation complète remonte au Rossini Opera Festival de Pesaro (ville natale de Rossini) en 1995.

Elle fut ensuite traduite en italien par Calisto Bassi sous le titre de Guglielmo Tell. À cette occasion, les actes furent réduits à trois, et l’opéra fut joué pour la première fois à Lucques le 17 septembre 1831.

Comme dans beaucoup d’opéras de Rossini, la partition regorge d’airs virtuoses permettant aux ténors et aux barytons de montrer toute l’étendue de leur technique vocale.

L’ouverture, quant à elle, est souvent interprétée indépendamment, et figure parmi les plus célèbres du compositeur, aux côtés de celles du Barbiere di Siviglia (Le Barbier de Séville), de La Semiramide ou de La gazza ladra (La Pie voleuse) : elle alterne moments de calme et de sérénité avec des passages plus dramatiques et impétueux, offrant un concentré de toute l’histoire de l’opéra.

On peut presque y lire une mini-symphonie en quatre parties :

  • le dialogue des violoncelles, doux et lyrique, qui introduit l’univers pastoral
  • le tumulte de l’orage, soudain et dramatique
  • l’Andante pastoral avec la mélodie du cor anglais, l’instrument par excellence des paysages alpins
  • l’Allegro vivace final avec sa fanfare célèbre, pleine d’énergie et d’éclat, souvent reprise dans des films ou des publicités (comme dans Orange mécanique)

Comme je le disais, Guillaume Tell est le dernier opéra de Rossini : après cela, il se consacra à la musique de chambre et à la musique sacrée, écrivant désormais pour d’autres univers que le théâtre.

Les raisons de ce retrait ont longtemps intrigué les musicologues, mais peu importe : Rossini quitta la scène en pleine gloire, laissant derrière lui un chef-d’œuvre toujours apprécié, surtout dans sa version italienne, qui continue de captiver les amateurs d’opéra du monde entier.

Gioacchino Rossini : Guillaume Tell (Ouverture) - Partition

Gioacchino Rossini : Guillaume Tell (Ouverture) - Guide d'écoute

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