Felix Mendelssohn-Bartholdy : Meeresstille und gluckliche Fahrt (Mer calme et heureux voyage), op. 27 - Introduction

FelixMendelssohnBartholdyMeeresstille und glückliche Fahrt (Mer calme et heureux voyage), op. 27 (MWV P 5), est une ouverture pour orchestre composée par Felix Mendelssohn Bartholdy (1809-1847) en 1828 et s’inspire de deux courts poèmes de Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832), MeeresstilleMer calme ») et Glückliche FahrtVoyage heureux »), qui évoquent les différentes étapes d’une traversée maritime : d’abord l’immobilité d’un navire privé de vent, puis le retour de conditions favorables permettant de poursuivre la navigation.

Composée alors que Mendelssohn n’a que dix-neuf ans, cette ouverture appartient à la première période de sa carrière, mais elle témoigne déjà de la maîtrise exceptionnelle que le jeune musicien possède de l’écriture orchestrale ; elle s’inscrit également dans un contexte culturel où les compositeurs romantiques accordent une place croissante aux rapports entre musique, littérature et nature.

Le choix des textes de Goethe n’est d’ailleurs pas anodin : le poète avait déjà inspiré plusieurs compositeurs de l’époque et les mêmes textes furent notamment mis en musique par Ludwig van Beethoven (1770-1827), qui en fit une œuvre pour chœur et orchestre.

Mendelssohn adopte une approche différente : il renonce à la voix et confie entièrement à l’orchestre la tâche de transposer l’univers poétique de Goethe.

Cette différence permet de considérer son œuvre comme un exemple particulièrement intéressant de musique orchestrale inspirée par la littérature.

La genèse de la composition s’étend sur plusieurs années : une première exécution privée eut lieu à Berlin le 7 septembre 1828, dans le cercle familial de Mendelssohn.

L’œuvre fut ensuite retravaillée avant sa présentation publique et la première exécution est donnée le 1er décembre 1832 à la Sing-Akademie de Berlin, sous la direction du compositeur.

Une nouvelle version fut ensuite présentée à Leipzig en 1834, avant la publication de la partition par Breitkopf & Härtel en 1835.

L’orchestre prévu par Mendelssohn réunit notamment un piccolo, 2 flûtes, 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons, un contrebasson, un serpent, 2 cors, 3 trompettes, des timbales et les cordes.

La présence du serpent, instrument aujourd’hui devenu inhabituel dans l’orchestre symphonique, constitue un témoignage intéressant des pratiques instrumentales de la première moitié du XIX siècle.

Avec une durée d’environ douze à treize minutes, Meeresstille und glückliche Fahrt est une œuvre relativement brève, mais elle occupe une place intéressante dans la production orchestrale de Mendelssohn. Elle témoigne notamment de la manière dont le compositeur aborde un sujet littéraire sans recourir au chant et cherche à transformer une inspiration poétique en une composition instrumentale autonome.

L’œuvre repose ainsi sur la rencontre de trois éléments essentiels : la poésie de Goethe, l’imaginaire maritime et l’écriture orchestrale de Mendelssohn. Cette combinaison permet de replacer l’ouverture dans le mouvement plus large de la musique romantique, tout en mettant en évidence la personnalité d’un compositeur qui, dès ses premières années, manifeste une remarquable capacité à associer clarté formelle et inspiration poétique.

Felix Mendelssohn-Bartholdy : Meeresstille und gluckliche Fahrt (Mer calme et heureux voyage), op. 27 - Partition

Felix Mendelssohn-Bartholdy : Meeresstille und gluckliche Fahrt (Mer calme et heureux voyage), op. 27 - Guide à l'écoute

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